Qui est Cosmè Tura ?

   La biographie que nous allons vous présenter est tirée de trois articles sur Cosmè Tura : un de l’Encyclopédie Universalis, un deuxième de l’Encyclopédie Larousse et un troisième du site de la National Gallery.

   Le premier je dois dire m’a quelque peu déçue : trop court, seulement 23 lignes sont consacrées à la vie de l’artiste. A la fin, quelques œuvres sont citées en vrac, accompagnées d’un ou deux adjectifs, et sans aucune illustration, si ce n’est une qui ne semble pas vouloir s’afficher. J’ai été assez surprise de voir un article aussi maigre sur cette encyclopédie en ligne pourtant si connue et réputée.

   Larousse.fr, le site des Éditions Larousse, se dit être un outil pour « la diffusion du savoir au plus grand nombre » et avoir « une exigence permanente pour une qualité globale ». Son article est quand à lui un peu plus satisfaisant. Accompagné d’une unique illustration (Saint Antoine de Padoue, 1484), il apporte plus de détails au parcours de Cosmè Tura, autant « physique » que stylistique. Quelques œuvres sont analysées, bien que rapidement. Mais peut-on se plaindre de cela dans un article global sur la vie de Cosmè Tura ? Quand on sait que les ressources concernant l’artiste sont assez rares, peut-être pas…

   La petite biographie que l’on trouve sur le site de la célèbre National Gallery de Londres est certes courte, mais plutôt intéressante car elle apporte des éléments absents des articles précédents. Ce site n’ayant pas une visée encyclopédique, il donne ainsi des repères basiques sur les artistes, accompagnés d‘illustrations des œuvres de ceux-ci que possède le musée. Simple, utile et efficace.

   On rencontre Tura pour la première fois dans un document de Ferrare datant de 1451 où il se trouve arbitre d’une estimation d’art aux côtés du peintre Galasso. Puis des sources de 1452 le citent alors pour des décorations. Il n’y a par la suite plus aucune nouvelle de lui à Ferrare jusqu’en 1446, probablement parce qu’il se rendit à Padoue et Venise où il découvrit Mantegna, Donatello et Squarcione. Il revient à partir de 1457 pour être peintre à la cour de Ferrare. Puis en 1471 il devient le portraitiste de la cour d’Este avant de se retirer en 1486 dans un donjon de la ville où il meurt en avril 1495.

   Le style qu’il élabore est très original, et sera la marque de l’école de Ferrare pendant longtemps. Portant les traces du Gothique International, il résulte de ses voyages et des inspirations qu’il a pu alors vivre : la monumentalité de Piero della Francesca, la vigueur de Donatello, la sévérité effilée de Squarcione et de Mantegna. Il fut l’un des premiers peintres italiens à utiliser la technique de la peinture à l’huile apportée par les artistes d’Europe du Nord, surement après un contact avec les œuvres de Rogier van der Weyden alors connues à Ferrare.  De plus, il développe une iconographie complexe qui allie sujets religieux, sujets de cour et allégories.

Ce style si caractéristique se retrouve alors dans toutes ses œuvres.

   La Vierge à l’Enfant, datée vers 1452, est l’une de ses premières peintures. Elle est différente des œuvres postérieures par son aspect ornementé, décoratif, particulièrement avec les motifs floraux des encadrements qui se marient avec le fond végétal. Les personnages quand à eux ont une carnation et des traits plus tendres que l’on ne retrouvera pas par la suite. Leur expression est sereine, reposée. L’ambiance générale est au final assez intimiste et douce. Le tableau témoigne ainsi d’un goût toujours présent pour le Gothique Tardif.

Madonna and Child in a Garden
1452
Oil on panel, 53 x 37 cm
National Gallery of Art, Washington

 

   L’Annonciation, un des volets d’orgue de la cathédrale de Ferrare que l’on date vers 1469, témoigne de l’influence Albertienne de la perspective par son architecture, et celle de Mantegna par son paysage, mais à côté du Saint Georges composant l’autre volet, on peut voir clairement le style plus personnel de Cosmè Tura par le chromatisme sombre, par un ensemble plus chaotique, semblant finalement presque plus passionné, et tout particulièrement avec l’expression ardente des personnages.

Annunciation
1469
Tempera on canvas, 349 x 305 cm
Museo del Duomo, Ferrara

St George and the Princess
1469
Tempera on canvas, 349 x 305 cm
Museo del Duomo, Ferrara

   Son style va ainsi se définir à travers des influences diverses mais typiques, mais surtout avec une spiritualité passionnée et cruelle dans ses traits, donnant une « aura » mystérieuse et fantastique qui le distingua fortement des autres artistes de la Renaissance. Cette originalité ne l’aida pas quand à sa reconnaissance au public, mais on ne peut aujourd’hui nier sa fondamentale influence à Ferrare. Toute sa vie son œuvre se situa ainsi, comme l’exprime si bien l’article de l’Encyclopédie Larousse, « entre la recherche du stylisme formel le plus élevé et celle d’un sentiment dramatique intense ».

Moïra Dato.

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